LA FIORMENTINA OCÉAN AU MAROC 31 May 2026, Vincent Guerrier

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UN REFUGE D’INSPIRATION FACE A L’ATLANTIQUE

Il faut d'abord accepter de s'éloigner. Quitter Tanger et ses cafés tournés vers le détroit, laisser derrière soi les échangeurs d'autoroute et la rumeur des villes, pour suivre une route qui se fait de plus en plus étroite. A mesure que l'on s'enfonce vers la côte de Larache, l'horizon s'ouvre, la lumière se durcit, les chênes‑lièges remplacent le béton, puis l'asphalte disparaît. La poussière se soulève, la piste serpente au milieu de la forêt, et l'on comprend que La Fiermontina Ocean - qui a choisi de s'ancrer ici, au coeur du futur parc naturel régional des Dunes de Khemis Sahel - se mérite.
 


UN HÔTEL OUVERT SUR L'ATLANTIQUE
Au bout du chemin, le paysage reprend ses droits. Quelques suites taillées dans la roche, des villas basses, des maisons de pierre qui semblent avoir poussé là, entre dunes et chênes‑lièges. Rien ne dépasse, rien ne cherche à dominer. Les murs prennent la couleur du sable, les bassins reflètent celle du ciel. Le luxe, ici, ne tient pas aux effets spectaculaires, mais à cette impression de calme, d'espace, de discrétion. Une grande baie vitrée, un tapis tissé dans un village voisin, une jarre en terre cuite posée près d'un fauteuil suffisent à installer le décor. On n'est pas seulement dans une belle adresse : on est dans une maison ouverte sur l'Atlantique.
 


UN REFUGE FACE AU VENT
Devant, l'océan. Brut, immense, parfois battu par le vent. Le regard accroche d'abord l'écume des vagues, puis s'attarde sur les nuances de bleu, de vert, de gris qui changent avec le temps. On pourrait passer des heures sur sa terrasse, à suivre la course des nuages sur les collines, à regarder la lumière glisser sur les dunes, un carnet posé à côté d'une tasse de thé. La Fiermontina Ocean offre autant un refuge qu'un poste d'observation : on vient y marcher sur la plage déserte, suivre un sentier entre deux bosquets, dérouler son tapis de yoga face à l'horizon, laisser le téléphone au fond d'un sac. C'est un lieu qui ralentit le temps et qui, sans grands discours, stimule l'imaginaire.

 

QUAND L'HÔTELLERIE FAIT VILLAGE
Mais derrière cette carte postale se joue autre chose. La Fiermontina Ocean n'est pas une bulle isolée : elle vit avec et grâce aux trois villages voisins, Dchier, Tcharouah et Mezgalef. Quelques kilomètres plus haut, Dchier raconte cette autre facette. Des maisons traditionnelles restaurées, un hammam entouré de cultures et de plantes médicinales, un café maure où l'on boit le thé en regardant la vallée. Certains hôtes choisissent d'y dormir une nuit, dans l'une des maisons du village réhabilitées selon les techniques ancestrales : Safr House, Mimouna House, Zeinouba ou la Maison du Cadi. Ce n'est pas un décor folklorique, mais un quotidien partagé : on prend le petit‑déjeuner chez l'habitant, on écoute parler de sécheresse, de récoltes, du départ des jeunes vers la ville.
Depuis le début, le projet s'est construit avec une préoccupation simple : permettre aux habitants de rester vivre sur leur terre. La Fiermontina Ocean et la Fondation Orient‑Occident ont apporté l'eau courante, restructuré les maisons, réhabilité et équipé l'école du village, mis en place une cantine, un dispensaire, des formations aux métiers de l'hôtellerie et du tourisme. Les femmes ont créé des coopératives d'apiculture, de couscous ou de potager bio ; l'hôtel en est le premier client, garantissant des débouchés concrets. En filigrane, c'est toute une économie locale qui se remet en mouvement, discrètement, mais durablement.
 


L'HOSPITALITÉ EN PARTAGE
Ce lien avec le territoire se ressent dans les moindres détails : dans l'assiette - légumes du potager, miel des ruches voisines, recettes italiennes et marocaines qui dialoguent - comme dans la décoration, où les tapis de l'Atlas côtoient les meubles peints traditionnels et les pièces chinées par la famille Filali. Les équipes viennent du douar autant que d'Italie ou d'Afrique subsaharienne : ici, l'hospitalité se conjugue au pluriel. On croise un serveur qui raconte comment l'ouverture de l'éco‑retraite lui a évité de partir travailler à Casablanca, une couturière qui a retrouvé un revenu grâce à un atelier, un apiculteur fier de montrer ses ruches.


 
AU RYTHME DES MARÉES ET DES SAISONS
Les journées se déroulent au rythme des marées : baignade au Beach Club, lecture à l'ombre d'un parasol, balade à cheval sur les crêtes, visite du site antique de Lixus, retour au hammam du village pour un "Rituel du Voyageur" qui efface le décalage horaire plus sûrement qu'un spa de palace. Le soir, quand le ciel bascule vers l'orange puis le bleu profond, les voix baissent d'elles‑mêmes, comme si l'on n'osait plus couvrir le grondement de l'Atlantique.
Ce qui marque le plus, au fond, c'est l'absence de surenchère. Pas de débauche de marbre ni de boutiques clinquantes : La Fiermontina Ocean propose un luxe de sobriété, où la vraie sophistication consiste à se reconnecter à l'essentiel - la nature, les autres, soi‑même. On repart d'ici avec du sable dans les chaussures, quelques mots de dialecte Jbala, des visages en tête, et la sensation d'avoir découvert un Maroc qui ne se travestit pas, un lieu discret qui aide à se tenir un peu mieux au monde.
 
www.lafiermontinacollection.com

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